Pour comparer des offres de prêt personnel, demandez à chaque prêteur une proposition pour le même montant et la même durée, puis mettez côte à côte le TAEG, le montant total à rembourser, la mensualité, les frais annexes, l’assurance facultative et les conditions de remboursement anticipé. En Belgique, tout cela figure sur la fiche SECCI remise gratuitement avant la signature : c’est ce document, et non la publicité, qui sert de base de comparaison.
L’essentiel
- Un prêt personnel est, en droit belge, un prêt à tempérament encadré par le Livre VII du Code de droit économique : capital, durée et mensualités fixes.
- Le TAEG est l’indicateur de référence, mais seulement à montant et durée identiques. Vérifiez aussi le montant total à rembourser.
- Le SECCI (informations précontractuelles européennes normalisées) suit le même modèle chez tous les prêteurs : comparez les SECCI, pas les slogans.
- Banque, prêteur spécialisé ou courtier : le circuit change, pas vos droits. Tout prêteur ou intermédiaire doit figurer dans les listes de la FSMA.
Sommaire
Comparer à montant et durée identiques
Deux offres ne sont comparables que si elles portent sur le même capital et la même durée : la durée change à la fois la mensualité et le coût total. Fixez donc d’abord vos deux paramètres :
- Le montant : celui dont vous avez réellement besoin, sans arrondir vers le haut « au cas où ». Chaque euro emprunté produit des intérêts.
- La durée : la plus courte que votre budget supporte. La loi fixe d’ailleurs une durée maximale selon le montant (par exemple 48 mois entre 7 501 et 10 000 €, 60 mois entre 10 001 et 15 000 €).
Demandez ensuite à chaque prêteur ou intermédiaire une proposition sur cette base précise. Si l’un d’eux propose spontanément une autre durée ou un montant supérieur, exigez aussi la version correspondant à votre demande. Le même raisonnement vaut pour un prêt affecté, par exemple un crédit auto.
Les 6 critères à comparer
1. Le TAEG
Le taux annuel effectif global exprime le coût du crédit sous forme d’un pourcentage annuel. Il inclut les intérêts et les frais obligatoires, comme d’éventuels frais de dossier : le prêteur ne peut pas facturer un coût qui n’y figure pas. Les frais de retard et l’indemnité de remploi (remboursement anticipé) n’en font en revanche pas partie. Le SPF Économie publie des TAEG maximaux légaux par tranche de montant ; aucune offre ne peut les dépasser.
2. Le coût total et le montant total à rembourser
À côté du TAEG, le prêteur doit indiquer le montant total que vous aurez remboursé à la fin du contrat. La différence avec le capital est le coût du crédit : à montant et durée égaux, l’offre la moins chère est celle dont le total à rembourser est le plus bas. Vous écrirez d’ailleurs ce montant de votre main dans le contrat (« lu et approuvé pour … euros à rembourser »).
3. La durée
Elle doit être identique d’une offre à l’autre. Si vous hésitez entre deux durées, demandez les deux variantes à chaque prêteur et comparez-les séparément : 36 mois contre 36 mois, 48 mois contre 48 mois.
4. La mensualité
Elle sert à vérifier que le crédit tient dans votre budget une fois vos charges fixes payées. Ce n’est pas un critère de prix : une mensualité plus basse obtenue en allongeant la durée augmente le coût total.
5. Les frais annexes et l’assurance facultative
Une assurance solde restant dû n’est jamais obligatoire pour un crédit à la consommation et vous choisissez librement votre assureur. Si un prêteur accorde un taux réduit à condition de souscrire son assurance, vous avez le droit de demander le TAEG avec et sans assurance : le tarif plein sans assurance revient parfois moins cher. Vérifiez aussi qu’aucun autre service payant n’est glissé dans l’offre.
6. Les conditions de remboursement anticipé
Rembourser tout ou partie d’un crédit à la consommation avant terme est un droit. Le prêteur peut réclamer une indemnité de remploi, que le Livre VII plafonne : au maximum 1 % du capital remboursé anticipativement s’il reste plus d’un an de contrat, 0,5 % s’il reste moins d’un an. Comparez ce que chaque offre prévoit, surtout si une rentrée d’argent (prime, vente, héritage) pourrait vous permettre de solder le prêt plus tôt.
Le SECCI, le document fait pour comparer
Avant toute signature, le prêteur ou l’intermédiaire doit vous remettre gratuitement une fiche d’informations précontractuelles européennes normalisées, le SECCI. Elle présente, sous la même forme chez tous les prêteurs, le type de crédit, le montant, la durée, le taux débiteur, le TAEG, le montant total dû, les mensualités, les frais, les assurances éventuelles et les conditions de remboursement anticipé. Le TAEG y est illustré par un exemple représentatif qui précise ses hypothèses.
La méthode la plus fiable consiste donc à réunir un SECCI par offre, établi pour le même montant et la même durée, puis à reporter les six critères ci-dessus dans un tableau : les différences apparaissent sans dépendre de la présentation commerciale de chaque prêteur.
Le SECCI n’est pas un engagement du prêteur : avant de vous faire une offre ferme, celui-ci doit évaluer votre solvabilité (article VII.77 du Code de droit économique) et consulter la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale (article VII.79). Une proposition qui prétend se passer de ces étapes n’émane pas d’un prêteur respectueux de la loi.
Exemple chiffré : deux offres hypothétiques
Hypothèses : 10 000 € empruntés en prêt à tempérament sur 48 mois, auprès de deux prêteurs fictifs. Les TAEG de 6,5 % et 7,9 % sont choisis uniquement pour l’exemple ; ils ne correspondent à aucune offre réelle et le taux qui vous sera proposé dépend du prêteur et de votre dossier. Calcul en mensualités constantes avec un taux mensuel équivalent de (1 + TAEG)1/12 − 1, sans frais annexes ni assurance. La mensualité est arrondie au cent ; le total à rembourser et le coût du crédit sont obtenus en multipliant cette mensualité arrondie par le nombre de mois.
| 10 000 € sur 48 mois | Offre A | Offre B |
|---|---|---|
| TAEG (hypothèse) | 6,5 % | 7,9 % |
| Mensualité | 236,29 € | 242,38 € |
| Total à rembourser | 11 341,92 € | 11 634,24 € |
| Coût du crédit | 1 341,92 € | 1 634,24 € |
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
L’écart de mensualité paraît modeste (6,09 € par mois), mais sur 48 mois l’offre B coûte 292,32 € de plus. C’est le total à rembourser qui révèle la différence, pas la mensualité.
Second effet : la durée. Avec la seule offre A (TAEG hypothétique de 6,5 %), passer de 48 à 36 mois augmente la mensualité de 69,35 € mais réduit le coût du crédit de 338,88 €.
| Durée (offre A) | Mensualité | Coût du crédit |
|---|---|---|
| 24 mois | 444,62 € | 670,88 € |
| 36 mois | 305,64 € | 1 003,04 € |
| 48 mois | 236,29 € | 1 341,92 € |
Pour tester vos propres montants et durées avant de solliciter des SECCI, un simulateur donne un ordre de grandeur de mensualité. Le résultat reste indicatif : seule une offre établie après évaluation de votre dossier fait foi.
Banque, prêteur spécialisé ou courtier : qui compare quoi ?
Un prêt personnel peut être proposé par un prêteur (banque, société de crédit spécialisée, entreprise d’assurances…) ou par un intermédiaire de crédit. Les rôles diffèrent :
- La banque ou le prêteur spécialisé prête ses propres fonds et ne vous présente que ses propres conditions. Pour comparer, vous devez solliciter plusieurs établissements vous-même.
- L’agent lié travaille pour un seul prêteur (ou un groupe de prêteurs) et sous sa responsabilité : il ne compare pas le marché.
- Le courtier en crédit est indépendant et propose les prêts de plusieurs prêteurs. Il est en général rémunéré par une commission du prêteur dont il place le crédit ; demandez-lui avec combien de prêteurs il travaille et comment il a retenu l’offre qu’il vous présente.
Quel que soit le circuit, vos droits sont les mêmes : remise du SECCI, évaluation de solvabilité, consultation de la Centrale des crédits, délai de rétractation de 14 jours après la signature (article VII.83) et obligation de vous proposer le crédit le mieux adapté à votre situation. Le choix se raisonne donc surtout en temps passé à comparer ; les alternatives à la banque pour un prêt personnel obéissent aux mêmes étapes légales.
Avant de transmettre un seul document, vérifiez que votre interlocuteur est inscrit : la FSMA tient une base de données publique des prêteurs et intermédiaires autorisés, qui signale aussi les entités visées par une mise en garde (Vérifiez votre fournisseur). Un nom absent des listes, ou une demande de paiement avant le versement des fonds, doit vous faire renoncer.
Les erreurs classiques
- Comparer un « taux à partir de » publicitaire avec un TAEG réel. Seul le TAEG de votre SECCI, pour votre montant et votre durée, compte. La loi interdit d’ailleurs à la publicité de présenter un crédit comme facile, rapide ou gratuit.
- Choisir sur la mensualité sans regarder la durée ni le total à rembourser.
- Oublier l’assurance dans le calcul, ou accepter une assurance imposée alors qu’elle est facultative.
- Emprunter plus que nécessaire parce que le prêteur propose un montant supérieur. Pour un petit besoin ponctuel, d’autres solutions méritent d’être examinées d’abord, comme l’explique notre article sur le besoin urgent d’argent.
- Oublier le délai de réflexion : vous disposez de 14 jours après signature pour renoncer au crédit par lettre recommandée, en restituant les fonds déjà versés avec les intérêts de la période.
Questions fréquentes
Le TAEG suffit-il pour choisir ?
Non. C’est le meilleur indicateur de prix, mais seulement à montant et durée identiques, et il ne couvre ni l’indemnité de remploi ni les frais de retard. Vérifiez aussi le montant total à rembourser et les conditions de remboursement anticipé.
Combien d’offres faut-il comparer ?
Il n’existe pas de nombre légal. Deux ou trois SECCI établis sur la même base donnent déjà une vue fiable des écarts pour votre profil ; un courtier peut en fournir plusieurs en une seule démarche, auxquels vous ajoutez la proposition de votre banque.
Un prêteur peut-il refuser alors qu’un autre accepte ?
Oui. Chaque prêteur évalue votre solvabilité selon ses propres critères, après consultation de la Centrale des crédits aux particuliers. Un refus chez l’un n’empêche pas une offre chez l’autre, mais un enregistrement négatif à la Centrale pèse sur toutes les demandes.
Sources
- Wikifin (FSMA) – Combien coûte un crédit ? Le TAEG (12/02/2026)
- Wikifin – De quelle protection bénéficie l’emprunteur ? (10/02/2026)
- Wikifin – Le prêt à tempérament (12/02/2026)
- Wikifin – À qui s’adresser pour un crédit ? (27/08/2026)
- Wikifin – Assurance solde restant dû et crédit à la consommation (16/02/2026)
- Wikifin – Rembourser son crédit à la consommation plus tôt que prévu (09/02/2026)
- Banque nationale de Belgique – Centrale des crédits aux particuliers
- FSMA – Vérifiez votre fournisseur
- SPF Économie – Taux annuels effectifs globaux maximaux
- SPF Économie – Livre VII du Code de droit économique
Vous avez fixé votre montant et votre durée ? Testez-les avant de demander vos SECCI.
